marteauLe 27 juillet 2010, vers 19 heures, alors que Mme Diallo, femme de chambre embauchée par l’entreprise de sous-traitance du nettoyage des hôtels de luxe, la SA Groupe Française de service, faisait le ménage dans la chambre 327 du Park Hyatt Paris Vendôme, elle a subi des actes de harcèlement sexuel suivis d’une agression sexuelle de la part d’un riche client du palace.

Alors qu’elle a immédiatement averti le directeur de la sécurité de l’hôtel et la directrice de l’hébergement de ce qu’il venait de lui arriver, l’hôtel n’a pas jugé bon d’alerter la police pour que l’agresseur soit appréhendé ni non plus d’effectuer une déclaration d’accident du travail.

Mme Diallo a du déposer plainte elle-même au commissariat et déclarer elle-même son accident du travail.

Résultats de ses actions pour faire reconnaitre son statut de victime et valoir ses droits :

  • le Park Hyatt Paris Vendôme ne veut plus la voir dans ses murs et demande à son employeur de la muter,
  • la SA Groupe Française de service, pour plaire à son client et conserver son contrat commercial, mute Mme Diallo dans un autre hôtel parisien ;
  • en stress post traumatique suite à son agression et à l’attitude hostile de son employeur et du palace, Mme Diallo fait une tentative de suicide ;
  • le 15 décembre 2010, de retour de son arrêt de travail, Mme Diallo refuse d’être chassée du Park Hyatt Paris Vendôme où elle avait toujours donné satisfaction et d’aller travailler dans l’autre hôtel ;
  • En janvier 2011, deux jours après avoir reçu une attestation de son employeur qui louait son professionnalisme, elle est licenciée pour faute grave pour refus de mutation.

Merci patrons !

Il ne fait aucun doute que la mutation voulue par le Park Hyatt Paris Vendôme et exécutée promptement par la SA Groupe Française de Service résulte directement et exclusivement de la dénonciation du harcèlement et des violences sexuels subis par Mme Diallo au palace.

Il faut savoir qu’à cette époque, la  direction  du  Park  Hyatt  Vendôme ne faisait pas dans la dentelle :  elle interdisait  aux  femmes  de chambres de la sous-traitance de parler au personnel directement salarié de l’hôtel, interdisait  à  ces  mêmes  femmes  de  chambre  de  déjeuner  avec  leurs  collègues  au restaurant  d’entreprise,  les  laissait  exploiter  pour  son  plus  grand  profit  par  cette société  dirigée  par  des  négriers  (la  SA Groupe Française  de  service)  condamnés  à plusieurs reprises pour travail dissimulé, marchandage, poursuivis encore aujourd’hui devant le Tribunal correctionnel pour escroquerie en bande organisée.

Le Conseil de Prud’hommes de Paris, saisi par Mme Diallo vient de reconnaître à l’encontre du sous-traitant et de son donneur d’ordres, le palace parisien :

  • le non-respect de l’obligation de prévention du harcèlement sexuel ;
  • l’obligation de réparer le préjudice subi par Mme Diallo pour harcèlement et agression sexuels :
  • la réparation du préjudice pour licenciement sans cause réelle et sérieuse ;
  • la réparation du préjudice subi pour discrimination ;
  • la requalification du contrat de travail à temps partiel en contrat à temps plein ;

Notre  syndicat  CGT-HPE,  qui  syndique  aujourd’hui  la  quasi-totalité  des  femmes  de  chambre et des gouvernantes de la sous-traitance au Park Hyatt Vendôme, se félicite de ce jugement.

Il dénonce l’hypocrisie de la direction de ce palace qui revendique une éthique au-dessus de tous soupçons  alors  qu’à  l’époque  des  faits  il  n’a  pas  cru  devoir  prévenir  la  police  de   l’agression  sexuelle  subie  par  Mme  DIALLO,  permettant ainsi à l’agresseur de quitter le territoire français !

La CGT HPE souligne aussi que, fort heureusement, ce qui e06st arrivé en 2010 à Mme DIALLO ne serait plus possible aujourd’hui. En multipliant grève  sur  grève depuis  leur  défilé alternatif de septembre 2013 à l’occasion de la fashion-week, les femmes de chambres du Park Hyatt Vendôme, remarquables dans leur détermination, ont enfin obtenu d’être considérées et d’avoir un statut collectif digne d’un palace.

La CGT HPE rappelle ces messieurs de la direction d’Hyatt à un peu de décence : reconnaissez vos erreurs passées et laissez tomber votre acharnement contre Mme  Diallo  pour  une  affaire  où  vous  auriez  bien  pu  devoir rendre des comptes à la justice pénale !

Lire le communiqué de presse de La CGT HPE : 01-communique-condamnation-park-hyatt-vendome

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