Si les représentations associées au mouvement ouvrier sont innombrables, rares en revanche sont celles qui éclairent son rapport à l’argent. La dimension financière fait en effet l’objet d’une véritable occultation dans les représentations militantes et syndicales : l’argent est le « nerf honteux de la guerre sociale » (Pigenet, 1995).
Disqualifié d’un point de vue moral, au nom de l’engagement désintéressé et d’un certain ascétisme militant, il l’est également d’un point de vue tactique : pour maintenir le patronat dans l’obscurité quant aux réserves financières de la Confédération générale du travail (CGT), un syndicaliste du textile conseillait ainsi dès 1906 de ne « pas crier trop haut ce que l’on possède et encore moins ce que l’on ne possède pas » (Rist, 1933, 438). Les images que cet article se propose d’étudier occupent donc une place particulière parmi les représentations visuelles du syndicalisme : si elles
portent sur l’une de ses activités principales – la grève –, c’est toutefois pour en décrire la dimension financière souvent occultée. Plus précisément, on s’intéressera ici à la pratique des caisses de grève, c’est-à-dire à la collecte et à la répartition d’argent pour soutenir des grévistes engagés dans des conflits longs et coûteux.

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