ACCOR subventionne le PSG et continue à sous-traiter en plein confinement !

Le groupe ACCOR a payé l’intégralité de ce qu’il doit au PSG jusqu’à la fin 2020 soit 70 millions d’euros en dépit de la crise sanitaire de coronavirus !

https://www.lequipe.fr/Football/Actualites/Accor-a-paye-l-integralite-de-ce-qu-il-doit-au-psg-pour-la-saison/1124907

En pleine crise sanitaire le groupe ACCOR préfère favoriser ses actionnaires et le PSG plutôt que les salariés de la sous-traitance qui travaillent dans des conditions totalement illégales dans ses hôtels, et continue sa politique destructrice d’emplois stables.

Dénonçons tout d’abord un nouveau scandale d’Etat : comme s’ils employaient des salariés « lambda », les clubs de football vont recevoir 4850 € par mois par joueur de football mis au chômage partiel.

De fait, l’indemnisation versée par l’Etat aux clubs ne représentera qu’une infime partie du salaire brut mensuel d’un joueur, estimé en moyenne à 212.000 euros par exemple à l’OM selon le journal sportif L’Equipe du 24 mars 2020.

https://www.lesechos.fr/sport/football/coronavirus-foot-et-chomage-partiel-un-cocktail-legal-mais-detonnant-1188739

Le procédé révolte l’agent de joueurs Yvan Le Mée, interrogé par l’AFP. « Ce n’est pas très, très joli ni logique que le football utilise de l’argent public pour financer une partie des salaires des joueurs, sachant qu’il y en a besoin dans beaucoup d’autres domaines plus importants que celui-là », notamment le système de santé, actuellement sous forte pression.

Plus globalement, le gouvernement aurait été bien inspiré de plafonner à 4,5 fois le SMIC les rémunérations versées aux salariés durant la période de chômage partiel, sans aucune prise en charge par l’Etat pour les salaires mensuels supérieurs à 10000 € bruts.

95% des salariés auraient été ainsi couverts selon l’observatoire des inégalités et les entreprises qui ont actionné le chômage partiel se porteraient beaucoup mieux plutôt que de subventionner les inégalités de revenus. Les finances publiques auraient pu être ainsi réorientées vers les secteurs les plus fragiles tels que la santé, le logement des sans-abris, l’éducation,la petite agriculture etc…etc……

Autre scandale, les femmes de chambre de l’APARTHOTEL Rosa Parks à PARIS 19ème, et probablement d’autres APARTHOTEL, une des marques du groupe ACCOR, se voient transférées d’office au 1er avril, en plein confinement, à une société de nettoyage !

Les femmes de chambre de la société YSER, qui emploie près de 1000 salariés qui travaillent dans des APARTHOTEL, ont reçu un courrier datant du 9 mars 2020 leur annonçant leur transfert à la société « La Rolse nettoyage » (tout un programme !) bien connue de nos camarades de la CNT-SO pour pratiquer le paiement à la chambre avec des cadences intenables (et donc le travail dissimulé) et le marchandage (statut collectif inférieur globalement à celui des salariés travaillant en interne).

Elles ont collectivement refusé ce transfert qui ne rentre pas dans le cadre de l’article L1224-1 du code du travail car il ne s’agit pas du transfert d’une entité autonome de l’entreprise YSER.

Ainsi en pleine crise sanitaire le groupe ACCOR subventionne à coup de dizaines de millions d’euros le PSG et continue sa politique destructrice d’emplois stables par la mise en sous-traitance.

Tout cet argent pourrait être bien mieux utilisé à internaliser les salariés de l’IBIS BATIGNOLLES, en lutte depuis le 17 juillet 2019, ce qui selon nos informations ne couterait à ACCOR que 30 % du prix du marché de nettoyage, soit environ 360 000 € par an.

70 millions € / 360 000 € c’est 195 hôtels comme celui de l’IBIS BATIGNOLLES de 700 chambres employant 60 femmes de chambre, gouvernantes et équipiers, ou encore 11700 salariés actuellement en sous-traitance qui pourraient être internalisés.

Mais cela nécessiterait effectivement pour le groupe ACCOR de tourner le dos au vieux monde qu’il incarne à ce jour en donnant les moyens aux salariés de la sous-traitance hôtelière de sortir de leur confinement éternel dans la précarité sociale !

                                                                                                  Clichy le 6 avril 2020